	Quel est LE facteur qui influence le plus la qualité de vie au travail ?
Des mois que je m'échine sur le sujet. Tiens et si j'allais prendre un bain ? Domenico-Fetti Archimedes 1620

Retour d’expérience

« Best place to work » « Quelle est l’entreprise la plus attractive… » « Le bien-être au travail »… Ces thèmes sont légion dans la presse et sur internet. De fait, quelle entreprise ne rêve-t-elle pas d’un environnement de travail épanouissant, d’employés motivés, bien dans leur peau donc fidèles et beaucoup, beaucoup plus efficaces ? La question qui vient ensuite est « comment faire pour que ce rêve devienne réalité » ? À un moment donné de ma carrière, j’ai trouvé la réponse. Et cela a positivement révolutionné ma vie professionnelle : je suis heureuse de partager cette expérience avec vous.

  1. Au royaume enchanté

Oui car le contexte et le décor sont importants dans cette histoire. Après une première partie de carrière qui m’a permis de renforcer mes compétences, d’exprimer mes talents et de développer une fausse croyance selon laquelle le management d’équipes n’était pas pour moi, j’ai recherché activement un poste à responsabilités au royaume des Schtroumpfs. Entendez dans une entreprise dont la mission et les valeurs seraient totalement en accord avec les miennes et en constitueraient la raison d’être.

Et j’ai donc trouvé: pas d’équipe à manager (rapport à ma croyance), officiellement peu de hiérarchie, tout à créer et roder en autonomie car j’étais la seule employée. Pour l’entrepreneure que je suis, c’était le Graal. À la question que vas-tu faire ? Je répondais fièrement : tout ! Lorsque j’ai commencé dans ce poste, ma motivation était au top.

  1. Expressions de dysfonctionnements

La désillusion a été sévère. Tensions, conflits, non-dits, charges de travail disproportionnées, incompétences managériales… Je retrouvais des situations que j’avais déjà vécues auparavant au fil de mes différents postes. Mais amplifiées. Le fait que mes valeurs soient en accord avec celles de l’entreprise n’était donc pas suffisant. Au-delà de réactions sournoises de mon organisme – tapez « risques psycho sociaux » dans votre moteur de recherche, tout y est – je remarquais vite qu’une question revenait souvent « Mais nom d’une pipe QUI FAIT QUOI ici ? ».

Devant l’ampleur et surtout la récurrence de ces situations stressantes, j’ai fait ce que je fais le plus naturellement : des recherches sur la question.

Et là, mes lecteurs préférés, là j’ai vraiment compris un élément fondamental. Tel Archimède dans son bain ou Isaac Newton devant un pommier en automne, j’ai eu la sensation magnifique d’avoir eurêka trouvé la solution. J’ai compris l’importance du facteur organisationnel dans une entreprise.

  1. Révélations

Tout part de cette question du qui fait quoi. Dans ce poste, il y avait une constante que je repérai. Quelle que soit la situation, la pagaille généralisée venait du fait que personne ne disposait des informations essentielles  au moment d’exécuter la moindre tâche. À savoir : qui est chargé de quelle tâche pour quel délai. Et ça c’était la surface. Venait ensuite le : qui peut prendre la décision ?

Dans les environnements de travail les plus stressants qu’il m’ait été donné de connaître, la plupart des tâches étaient déconnectées du droit de prendre la moindre décision pour les mener à bien ou pour les déléguer. Assurer pléthore de rôles sans disposer des responsabilités qui vont avec… Le flou permanent. Pour ces cas-là, ce qu’il manquait était une structure claire où chacun savait où il en était et où en étaient les autres. Que l’organisation du travail dépende d’un CADRE. Le cadre assure la pérennité de l’organisation. Si l’organisation repose sur les PERSONNES, sur leur caractère et la bonne entente dans un groupe, elle est à la merci d’un départ ou d’un conflit.

Cette découverte m’a rendue extatique. J’ai passé au crible les situations de stress extrême que j’avais vécues ou dont j’avais été témoin au travail :

  • Les fonctions assurées officieusement, sans surcroît de salaire
  • Les « jobs description» qui ne suivent pas l’évolution des salariés.  
  • Les responsables qui n’ont pas le pouvoir de valider les dépenses courantes de leurs services.
  • Ceux qui sont infantilisés car sommés de « rapporter » au niveau d’au-dessus. Là il s’agit d’une injonction paradoxale : vous êtes autonomes car vous avez un poste à responsabilités. Dès qu’un souci survient, vous devez le transmettre au niveau supérieur, sinon c’est une faute professionnelle.
  • Les tâches « fantômes » dont personne n’est chargé et que les services se refilent en douce.
  • Les processus de contrôle en contradiction avec les échéances contractuelles. Donc qui sont effectués a posteriori sans plus aucune substance.
  • Et les fameux : « ici notre contrat c’est un contrat moral ». Aucune description de poste claire, donc la porte ouverte pour faire tout et n’importe quoi.

Les conséquences de tous ces flous sur les personnes sont lourdes : désarroi, confusion, doutes, peurs… sans parler du gaspillage d’énergie déployée pour rien. Une personne motivée et compétente ne pourra pas s’épanouir dans une organisation malade. Son stress deviendra permanent. De plus, une organisation floue vient à l’encontre des valeurs et de la mission de l’organisation. Pour ceux qui y travaillent, c’est l’expression du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Le message qui tue la motivation.

En résumé :

  • Les causes profondes des dysfonctionnements qui impactent profondément les personnes sont le plus souvent structurelles.
  • Le facteur organisationnel en entreprise concerne la répartition de la charge de travail, la distribution et la corrélation des rôles et responsabilités, la définition des pouvoirs.
  • La clarté organisationnelle assure un climat de travail sain.

Lorsque j’ai compris cela, j’étais euphorique. Je me sentais comme cet ostéopathe qui détecte que les douleurs que son client éprouve depuis des mois dans la jambe ont pour origine une carie dentaire. J’ai analysé depuis des dizaines de situations différentes et constate que pour changer durablement un climat de travail détérioré, il faut en rechercher les causes organisationnelles. Toute autre démarche (teambuilding, injonction au bonheur en entreprise) est cosmétique et ses effets, éphémères.

Mon prochain « retour d’expérience » parlera des conditions nécessaires pour mettre en place cette organisation saine, claire et donc au service de l’humain.

Vous êtes décideur et aspirez à fidéliser vos équipes afin qu’elles s’épanouissent dans votre entreprise et en soient les meilleurs ambassadeurs ? Si vous êtes confrontés à des tensions professionnelles, démissions, arrêts maladie fréquents, vous pouvez agir. J’accompagne mes clients pour qu’ils puissent mettre en place des structures claires qui permettent un environnement de travail motivant. Contactez l’organization doctor : cecile@aimertravailler.com.

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