Comment demander et donner de l’aide ?

Ah les bonnes questions :-). J’amène le sujet sur le tapis car il me semble que l’incapacité à demander de l’aide quand on en a besoin est une source de stress non négligeable. Autant prendre de bonnes habitudes dès le début. Demander de l’aide fait partie des basiques. Dans des situations où vous ne pouvez y arriver sans appui, que faites-vous ? Si c’est souvent en dernier ressort, lorsque vous êtes en difficulté, que vous vous tournez vers autrui, vous n’êtes pas le seul. Un peu d’introspection ne faisant pas de mal, je vous propose d’aller voir de plus près les sensations en jeu dans ce type de situation.

1. Comment vit-on le fait de demander ?

N’avez-vous pas parfois un sentiment un peu rageur lorsque vous devez demander son aide à quelqu’un ? Comme lorsque vous étiez enfant ?

Ce qui me paraît chevillé au corps depuis l’enfance est cette sensation amère quand l’adulte faisait à notre place – et parfois de façon énervée grmbl nous met en retard ce gosse cépapossib – ce que nous n’avions pas réussi seul. Quelle frustration et quel regard dur nous portions sur nous-mêmes alors. Je pense que ce sont ces sentiments qui refont surface quand nous rechignons à faire appel à quelqu’un d’autre.

Que se passe-t-il donc ? Lorsque l’on se montre réticent à la démarche, c’est parce que la demande d’aide est assimilée à un constat d’échec. Si on demande, c’est qu’on n’est même pas capable de. Pire, on peut aussi avoir l’impression de mendier auprès d’autrui. C’est d’ailleurs sur ce ressort que jouent les personnes mal intentionnées « ah bon tu ne sais même pas ça ? Tu devrais c’est la B-A BA !« . Mais remettons les choses dans leur contexte ! Il ne s’agit pas de vous prouver que vous pouvez nouer seul vos lacets, il s’agit du monde du travail. Êtes-vous vraiment supposé tout savoir, tout faire ? Pensez-vous devoir correspondre à tous les canons, haleine fraiche et ventre plat, compétent aussi bien pour vendre que pour créer, pour changer une roue sans transpirer ou faire fonctionner la photocopieuse sans jurons ? Nous sommes des êtres humains, nom d’une pipe. Foin du mythe de la perfection qui nous déshumanise ! C’est comme dans Donjons et dragons : les gros guerriers ont une intelligence limitée. Les magiciens peuvent difficilement enfoncer un clou sur la tête d’un orque avec un doigt. C’est pour cela qu’on a inventé le travail en équipe. Demander de l’aide fait partie du travail en équipe, ça crée du lien.

2. Que se passe-t-il vraiment ?

En réalité, quelque chose de fort arrive quand vous demandez son aide à quelqu’un. La demande d’aide, c’est un signal de reconnaissance pour celui à qui vous vous adressez. Reconnaissance de sa compétence, de son pouvoir, de ses qualités humaines – pédagogie, patience, bienveillance, esprit de corps… C’est en fait le plus parfait des feedbacks positifs, car il est explicite : vous avez besoin de connaître les rouages de l’organisation, la façon d’approcher ce client ou les subtilités de ce domaine dans lequel vous manquez de pratique. Oui, même faire marcher cette bidsvfihzgvc de photocopieuse à la noix. Et si vous faites appel à quelqu’un, ce n’est pas par hasard (si c’est le cas il vous enverra paître). C’est parce qu’il a les compétences adéquates, les talents appropriés.

Demander de l’aide, c’est en fait donner de la reconnaissance ciblée aux compétences et aux talents de l’autre.

3. Et vous ?

Soyez attentifs à ce que vous vivez lorsque c’est à vous que l’on s’adresse. Pour cela posez-vous la question : ça fait quoi ? Si vous ressentez de la joie, il y a fort à parier que vos points forts sont sollicités. Et c’est donc avec plaisir que vous avez accueillez la demande. Lorsque vous faites cela, vous en ressortez grandi, avec de l’estime supplémentaire pour votre travail ou pour vous-même. Vous êtes reconnu, donc plus motivé. C’est le pouvoir magique du feed-back positif conditionnel : je reconnais la valeur de ce que tu fais.

Je pense même que lorsqu’un manager sait bien déléguer, il parvient à vous faire mettre en œuvre votre expertise, votre motivation, tout ce qui chez vous est de la valeur ajoutée. La bonne délégation serait peut-être une demande d’aide bien faite après tout. Car si vous vous sentez obligé… Cela peut venir d’une délégation mal faite, comme une charrette de fumier déversée dans votre jardin. Et là, l’effet est dévastateur. Ça ne vous donne pas envie et nourrit le ressentiment personnel.

Demandez aux autres de vous aider grâce à leurs talents, chacun s’en trouvera plus fort et plus heureux.

Qu’en pensez-vous ? Comment vivez-vous la demande d’aide selon que vous la faites ou qu’elle vous est adressée ? Aidez moi dans ma réflexion, partagez votre expérience !

Cet article a 1 commentaire

  1. Aimertravailler.com ne m’a pas laissé indifférent ! Belle initiative. Des sujets tellement d’actualité dans ce monde où personal branding & marketing prévalent. Enfin du fond (value) plutôt que la forme (fake ESR). Que de scenari reconnus et vécus au quotidien.

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