Les comportements toxiques au travail : guide de survie
Heu... pas besoin d'aller jusqu'au port de l'armure. Adoptez plutôt des comportements différents :-)

Êtes-vous confrontés à des comportements toxiques au travail ? Vous sentez-vous mal à l’aise face à des réactions ou remarques, qu’elles émanent de vos collègues, subordonnés ou N+ ? Vous êtes probablement dans une situation toxique. Et le stress que cela provoque n’est pas neutre : vous vous sentez épuisé après des échanges, vous vous focalisez sur ce que vous pourriez répondre ou vous ruminez des scènes pendant des jours… Comment faire face à ces situations ? Je vous propose dans cet article des outils qui vous serviront à prendre de la distance. Je les ai testés et approuvés 😉

  1. De quoi parle-t-on ?

La terminologie est importante. Je parle bien de « comportements ». En entreprise ils sont le fait :

d’une personne toxique (manipulatrice, perverse narcissique, vampire psychique…). Sachez cependant qu’elles ne sont heureusement pas représentatives. Ce sont des cas particuliers.

– d’une culture ou d’une organisation du travail toxique. J’ai décrit dans un article l’importance du facteur organisationnel dans les causes des dysfonctionnements. Une personne plongée dans un environnement de travail toxique peut être amenée à adopter des comportements toxiques. Pour atteindre ses objectifs, pour sauver son poste etc. Dans ces cas-ci, elle ne prend pas la mesure de l’impact de ses actes. Le respect de l’autorité amène les êtres humains à des actes dépourvus d’humanité : l’expérience de Stanley Milgram a marqué les esprits à ce sujet.   

Dans un cas comme dans l’autre, quel est objectivement votre pouvoir de modifier personnes ou organisation ?

  1. Vous n’êtes pas en mesure de dessiller une personne toxique, son mode de fonctionnement échappe à la cohérence des relations humaines.
  2. Si vous ne faites pas partie du top management vous avez une faible marge de manœuvre pour influencer l’organisation.

Je vous propose de gagner du temps et de l’énergie : plutôt que de vous battre contre les moulins à vent, adoptez des comportements nouveaux.

  1. C.S.F.

Ces trois lettres symbolisent des mots auxquels il vous suffira de penser pour cadrer le comportement toxique. C pour contextualisé. S pour spécifique. F pour factuel.

Ce qui caractérise une directive, une information ou une décision toxique c’est son degré de flou. Devant l’information qui arrive sans queue ni tête, le premier réflexe est de chercher à remettre de la cohérence et de l’ordre. Ce mécanisme intérieur vous vide de votre énergie et nuit à votre capacité de concentration. À la place, posez des questions pour définir précisément le contexte, clarifier les caractéristiques et vous baser sur les faits.

Exemple : « Tu as quand même des conditions de travail idylliques, moi ce n’était pas la même chose à l’époque ».

Spécifique : « Qu’appelles-tu / à quoi correspondent pour toi / concrètement ça se traduit comment pour toi des conditions de travail idylliques ? »

Contextualisé : « à l’époque, c’était quand, quel était le niveau d’activité ? »

Factuel : « quelles sont aujourd’hui TES conditions de travail comparées à cette période ? »

Ça marche pour toutes les décisions ou informations sujettes à interprétation ou dont vous ne comprenez pas la teneur. Pour agir de manière cohérente, pour dire votre feedback, vous avez besoin de clarté. Face au flou, insistez pour avoir une information claire – si possible écrite s’il s’agit d’une décision ou d’une définition d’objectifs. Tant que vous ne l’avez pas obtenue, faites le disque rayé : « au final, quelle est l’option que tu retiens, A B ou C ? ».

  1. Stop à la justification

Les questions ou remarques toxiques sont déstabilisantes car elles viennent toucher vos valeurs, votre professionnalisme, votre sens du service ou votre esprit d’équipe… S’il vous arrive de vous sentir visé, vous partez au quart de tour. Et de vous justifier. C’est la voie royale vers le discrédit.

Si vous ressentez de l’indignation et que porté par ce ressenti vous vous lancez dans des tirades pour prouver votre bonne foi / la qualité de votre travail / votre fiabilité etc…. le résultat perçu sera à l’opposé de ce que vous souhaitez démontrer. Pour faire différemment, réagissez de la façon la plus « bateau » et dénuée d’affect possible.

Un exemple : « tout de même, le prix de cette prestation est trop cher ! ».

L’enchaînement dans votre tête : quoi, cette personne met en cause ma capacité à négocier et choisir les prestations du meilleur rapport-qualité prix ! Elle va voir ! Et de lui détailler votre façon de faire, le contexte tendu de la dernière mission etc. Et, même après cela, vous allez vous « repasser le film » de nombreuses fois. C’est l’effet boomerang qui vous sape le moral.

Face aux remarques triviales, je vous propose de réagir de façon triviale : par un simple « ah bon ». Ou alors « si tu le dis ». Et basta. Vous aurez le bonheur de voir ce comportement toxique cesser. Parce que vous ne rentrez plus dans le jeu.

  1. Sachez temporiser

La technique de l’urgence est utilisée par pléthore de vendeurs dans le monde. C’est la pression de la « dernière chance ». L’objectif est de vous bloquer la pensée en vous faisant peur de louper la bonne affaire. Cette technique, utilisée dans certains contextes, peut s’avérer toxique.

Une seule phrase à mémoriser dans ces cas-là : « j’ai besoin de temps pour y réfléchir / pour revoir l’offre / pour boucler le contrat / pour détailler tels points… Je te donne une réponse à tel moment » + insérez en fin de phrase la proposition de délai que vous jugez acceptable. Attendez-vous à des réactions vives, mais restez ferme (en faisant le disque rayé : « oui je comprends bien, mais j’ai besoin de temps pour… »).

En résumé :

  • Vous ne pouvez changer ni les personnes, ni une organisation toxique. Mais vous pouvez modifier vos comportements pour vous protéger.
  • Pratiquez le questionnement CSF – contextualisé, spécifique, factuel – pour clarifier les informations floues.
  • Bottez en touche en arrêtant de vous justifier face aux remarques triviales.
  • Prenez le temps : c’est une ressource utile pour bien faire votre travail.

Dans ma carrière, j’ai éprouvé des environnements de travail toxiques et me suis également débarrassée de personnes toxiques. Si vous vous sentez perdu dans votre environnement de travail et que vous souhaitez aller plus loin dans la préservation de votre authenticité, je serai heureuse de vous aider à vous recentrer. Contactez-moi pour en savoir plus cecile@aimertravailler.com.

Et d’ici là, je vous recommande chaudement la lecture de ces courts ouvrages : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois. Et le très instructif Management toxique de Chantal Vander Vorst.

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