Comment réagir AVANT le burn-out
Comment éviter de chuter en pleine ascension ? Œuvre de Charles Levalet.

Si je me réfère à tous les chiffres disponibles sur le burn-out, le moins que l’on puisse dire est que la situation est préoccupante. Le burn-out prend de l’ampleur et le contexte qui demande aux personnes d’être et de paraître toujours plus performant n’arrange pas les choses. Les conséquences du burn-out sont dramatiques, pour ceux qui en sont victimes mais aussi pour leurs entreprises.

J’aimerais aujourd’hui m’attarder sur la période qui précède le burn-out. Différentes étapes jalonnent le parcours jusqu’au burn-out. Or, pour ceux qui ont commencé cette dérive, il est possible de réagir à temps pour retrouver l’équilibre. J’ai vraiment à cœur de partager avec vous ces conseils simples qui permettront d’éviter le crash.

  1. Êtes-vous susceptible de faire un burn-out ?

Si je devais dresser le portrait-robot du candidat au burn-out, je dirais ceci : ce sont les personnes les plus motivées, les plus engagées et dynamiques de l’entreprise. Ou les dirigeants qui ont créé leur structure.

  • Leur travail a du sens. Elles sont donc impliquées émotionnellement pour la réussite de l’organisation qui les emploie.
  • Elles adorent leur métier, aussi les cas tordus, les problèmes épineux sont des challenges à relever pour elles.
  • Elles mettent toute leur énergie dans leur travail et leurs réserves semblent sans limites : elles partagent leurs idées, montent des projets et font montre d’une productivité étonnante nourrie par une énergie à toute épreuve.

Jusque-là, je ne fais que dresser le portait des personnes qui sont le rêve éveillé de nombreux managers. Forcément, ceux-ci leur confient des tâches supplémentaires. Elles acceptent avec enthousiasme et les mènent à bien.

Le souci commence quand les limites de la productivité sont franchies. Parce que notre candidat au burn-out ne les visualise pas ces limites, pas tout de suite.

  1. Quand s’inquiéter ? L’entrée dans le processus du burn-out

Le fait est qu’à un moment, la balance entre ce qui coûte de l’énergie et ce qui ressource l’organisme commence à pencher du côté des dépenses, de façon plus systématique.

Je souligne souvent que le mot le plus important dans la définition du stress[1], c’est « déséquilibre ». De fait, la personne qui est soumise à un stress récurrent est constamment en train de compenser. Elle compense la surcharge de travail par des heures excédentaires en empiétant sur son temps de repos. D’abord, c’est exceptionnel. Puis cela devient systématique. Cela commence par exemple avec la suppression de cette pause-déjeuner hebdomadaire sandwich-marche avec un collègue. Puis la mise aux oubliettes de la séance de yoga, de boxe, de méditation, quelle que soit l’activité que vous aviez choisie parce qu’elle vous faisait du bien. Vous n’y allez tous simplement plus, parce que vous êtes fatigué, parce qu’il fait trop moche, etc.

Et puis, vous êtes plus facilement joignable en-dehors des heures de bureau. Forcément, votre organisme a de moins en moins de possibilité de récupération. Votre cerveau est mobilisé par vos objectifs professionnels. Même les contacts sociaux sont vécus plus comme des contraintes que comme des bons moments à savourer ensemble. Hé bien c’est à ce moment-là que vous êtes en danger, mais aussi en pleine capacité pour arrêter la machine.

  1. Le secret du changement ? En faire moins !

Si vous vous rendez compte du changement d’équilibre dans votre vie, tout ce qu’il vous reste à faire, c’est de rétablir l’équilibre. Je compare souvent la personne qui part en burn-out à un coureur de 100 mètres qui s’imagine qu’en mobilisant ses forces de la même façon il peut courir le marathon. Or un coureur de 100 mètres, une fois qu’il a parcouru sa distance, a besoin de 8h de marche pour récupérer.

Si vous souhaitez continuer à être efficace, performant, motivé, il vous faut donc récupérer des forces dans les mêmes proportions que celles que vous avez dépensées. Sinon vous risquez l’écroulement.[2] Concrètement comment faire ?

  • Efforcez-vous de limiter votre temps de travail. Les heures excédentaires sont votre joker pour les cas d’exception. Elles ne doivent plus être une norme. Ce faisant, non seulement vous ménagez votre organisme, mais en plus, vous rendez visible un dysfonctionnement qui présente des risques pour votre entreprise. S’il y a de la surcharge de travail, un conflit de responsabilités ou une mauvaise répartition des tâches, comment votre hiérarchie peut-elle le savoir si vous compensez dans votre coin ? Plutôt que d’essayer de résoudre le problème tout seul, soyez celui qui le met en lumière.
  • Limiter son temps de travail, c’est aussi être en mesure de poser vos limites. Donc de sortir du fantasme de la perfection. La perfection n’existe pas. À la place, vous développerez votre assertivité. Ce que vous faites, vous continuerez à le faire bien.
  • Prévoyez du temps pour récupérer. Le sport, les activités en plein-air, la méditation, les retrouvailles avec votre entourage… toutes ces activités vous ressourcent. L’équilibre dépenses d’énergie / recharge des batteries favorise également un bon sommeil.

En résumé, avant d’arriver au burn-out

  • Il y a des phases pendant lesquelles il est possible de réagir sans aide extérieure.
  • Le déséquilibre en faveur du temps consacré au travail est l’indicateur principal d’un début de burn-out. Plus tard viendront les problèmes de dos, maux de tête, problèmes de digestion et de sommeil.
  • Il suffit de limiter et de cadrer son activité professionnelle, en rétablissant les occasions de ressources.

J’accompagne les dirigeants de PME et les managers à prendre conscience des risques de burn-out ainsi que des marges de manœuvre dont ils disposent pour travailler autrement. Si vous êtes intéressés par cette démarche, je suis à votre disposition cecile@aimertravailler.com

[1] Le stress au travail est le déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face.

[2] Pour récupérer d’un burn-out, il vous faudra de 6 mois à un an d’arrêt maladie et une équipe de professionnels chevronnés (psychologue, coach, sophrologue, prof de sport…) pour vous aider.

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